L'observatoire

Polluants

La composition du carburéacteur (carburant uniquement destiné à l’alimentation des avions à réaction) est très proche de celle du gasoil utilisé par les véhicules Diesel. Or les études menées par Airparif n’ont pas permis de mettre en évidence un traceur spécifique du trafic aérien qui aurait permis de faire la distinction avec l’impact du trafic routier, autour et sur la plate-forme aéroportuaire compte tenu des grands axes de circulation avoisinants et du trafic induit par les activités de l’aéroport.

Les composés retenus dans le cadre de l’étude ont été choisis selon les caractéristiques des émissions atmosphériques associées au fonctionnement d’une plate-forme aéroportuaire ainsi qu’au trafic routier et en fonction des problèmes posés par rapport aux normes de qualité de l’air en vigueur. Ainsi dans le cadre du projet Survol, 5 polluants sont surveillés quotidiennement par Airparif dans les 2 zones d’étude :

  • le dioxyde d’azote (NO2)
  • les particules fines PM2,5
  • les particules PM10
  • l’ozone (O3)
  • le benzène (C6H6)
normes françaises et européennespour leurs effets sur la santé et sur l’environnement.


Dioxyde d’azote

Le dioxyde d'azote (NO2) est un gaz irritant pour les bronches, il augmente la fréquence et la gravité des crises chez les asthmatiques et favorise les infections pulmonaires infantiles.

Des millions de Franciliens (dont une majorité de Parisiens) sont potentiellement concernés par un dépassement de la valeur limite annuelle1.

Le dioxyde d'azote (NO2) est un marqueur du trafic. Ce polluant est principalement émis par les moteurs (véhicules et avions) et, dans une moindre mesure, par le chauffage et l'industrie. Il provient de l'oxydation par l'ozone du monoxyde d'azote rejeté dans l'atmosphère. Mais une partie du dioxyde d'azote est également émise telle quelle dans l'atmosphère. Les émissions d'oxydes d'azote (monoxyde d'azote plus dioxyde d'azote) apparaissent dans toutes les combustions de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole...). Le secteur du trafic routier est responsable de plus de la moitié des émissions d'oxydes d'azote (les moteurs diesel en rejettent deux fois plus que les moteurs à essence catalysés) et le chauffage de plus de 20%. Les aéroports franciliens contribuent à hauteur de 8% aux émissions régionales d'oxydes d'azote et au sein des zones d'études, ils contribuent à 7% sur le domaine de Paris-Orly et 18% sur Paris-Charles de Gaulle.

Les émissions d'oxydes d'azote de l'ensemble des activités des plates-formes aéroportuaires de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly (fonctionnement de la plate-forme et trafic aérien au sein des 1 000 premiers mètres de l'atmosphère) sont plus de trois fois supérieures à celles du Boulevard périphérique.


Contribution (en %) de différentes activités aux émissions
d’oxydes d’azote en Île-de-France
(source : inventaire des émissions 2008, Airparif)

Particules

Les particules (PM10 et PM2,5) sont des microparticules, de la taille du micromètre (µm, un million de fois plus petit qu'un mètre) et ne sont pas visibles à l'œil nu. Les particules PM10, de taille inférieure à 10 µm (6 à 8 fois plus petites que l'épaisseur d'un cheveu ou de la taille d'une cellule) pénètrent dans l'appareil respiratoire. Les particules fines ou PM2,5, inférieures ou égales à 2,5 µm (plus petites que des bactéries) peuvent se loger dans les ramifications les plus profondes des voies respiratoires (alvéoles). La petite taille de ces particules leur permet de pénétrer profondément dans le système respiratoire et elles ont des effets sur la santé, principalement au niveau cardiovasculaire et respiratoire.



Chaque année, des millions de Franciliens sont concernés par un risque de dépassement de la réglementation journalière (50 µg/m3 à ne pas dépasser plus de 35 jours par an) pour les PM10. Pour les PM2.5, l’objectif de qualité français (10 µg/m3), qui correspond également aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, est largement dépassé dans toute la région1.

Ces particules proviennent de sources variées telles que le trafic (routier, aéroportuaire, ferroviaire et fluvial) les industries et le secteur résidentiel et tertiaire (en particulier le chauffage dont le chauffage au bois). Elles peuvent également être issues de transformations chimiques dans l’atmosphère ou de leur remise en suspension sous l’effet du vent ou du passage des véhicules. Une étude sur l’origine des particules a mis en évidence qu’à proximité d’un axe routier comme le Périphérique, les particules fines sont produites localement à près de 60%, dont 45% proviennent du trafic de l’axe routier considéré. En termes d’émission directe dans l’atmosphère, les plates-formes aéroportuaires représentent 2% des émissions régionales de PM10 (soit l’équivalent des émissions régionales de PM10 du secteur tertiaire) et 3% des émissions régionales de PM2.52 (soit équivalent à la moitié des émissions régionales de PM2,5 liées à l’agriculture)

Pour en savoir plus :

» Origine des particules
» Inventaire des émissions - Airparif 2008 ( pdf - 1 330 ko)


Ozone

L'ozone (O3), dans la haute atmosphère, nous protège en absorbant une partie des rayons UV. Mais à basse altitude, l’ozone est considéré comme un polluant atmosphérique. L’ozone irrite les yeux et l'appareil respiratoire, et a des effets néfastes sur la végétation.
L’ozone est un polluant estival dit « secondaire ». En effet, ce polluant n'est pas directement émis dans l'atmosphère mais se forme par réaction chimique à partir d'autres polluants, en particulier les oxydes d'azote et des hydrocarbures, sous l'action des rayons UV du soleil.

L’ozone est un polluant dont les teneurs sont fortement influencées par la météorologie estivale. Les dépassements de l’objectif de qualité annuel pour la protection de la santé (120 mg/m3 en moyenne sur 8 heures) est dépassé tous les ans dans l’ensemble de la région.

En matière d’évolution sur le long terme, l’ozone était le seul polluant pour lequel les niveaux moyens étaient en augmentation. Mais ils tendent à se stabiliser ces dernières années1.

Pour en savoir plus :

» dossier sur l'ozone ( pdf - 1012 ko)



Benzène

Le benzène est un hydrocarbure aromatique monocyclique (HAM) cancérogène pour l’homme. C'est un polluant émis majoritairement par le trafic routier, plus particulièrement les véhicules à motorisation essence. Loin du trafic, l'objectif de qualité français est respecté. A proximité du trafic, plusieurs centaines de kilomètres d'axes routiers sont concernés par un dépassement.

Le dépassement de l’objectif de qualité en Île-de-France représente chaque année une superficie d’environ 20 km2 et concerne approximativement 400 000 habitants1, soit environ un Francilien sur trente. Ces derniers sont situés dans l'agglomération parisienne et sont pour beaucoup des parisiens.


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1-Bilan de la qualité de l'air 2011 en Île-de-France
2-Inventaire des émissions Airparif 2008
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